vendredi 11 avril 2014

Hommage à un maître des petites écoles

Voici un acte trouvé dans les registres paroissiaux de la commune de Maisse (91). Jacques Delafosse vient de décéder, et au moment d'inscrire son acte sur les registres, le curé tient à lui rendre hommage. A priori, Jacques Delafosse a eu une forte importance pour la commune.

Il est dit
- arpenteur juré (Wikipédia nous dit que "sous l'ancien régime français les « arpenteurs-jurés » sont des spécialistes de la mesure et du droit du sol")
- maître des petites écoles
- fort bel écrivain, non pas auteur, mais doté d'une belle écriture
- zélé pour l'office divin, auquel il doit prendre part pour la préparation notamment je pense

Tout ceci lui vaut le privilège d'être inhumé dans l'église de la paroisse, derrière la banc d'oeuvre*.

"Le sept avril mil sept cent quarante cinq
a été inhumé dans l'église, derrière
le banc d'oeuvre, après avoir recu les
sacremens, le corps de Jacques Delafosse
arpenteur juré tenant les petites écoles
de ce lieu la plus belle main pour l'écriture
qu'il y eut de son temps, zélé pour que
l'office divin fut fait avec (xx) et
avec pompe, âgé de quarante six ans,
ayant instruit la jeunesse pendant vingt trois
ans, la dite inhumation faite présence [...]"

S'ensuivent la liste des témoins et une bonne quinzaine de signatures.

Source : AD91, Maisse 1742-1765 (cote 4E_1868)

*Le banc d'œuvre ou banc de l'œuvre est un type de mobilier liturgique consistant en un banc réservé aux membres du conseil de fabrique d'une paroisse. Caractérisé par l'importance de sa taille et de son décor, le banc d'œuvre est situé le plus souvent face à la chaire à prêcher. Sa destination peut être indiquée par une inscription.
Il désignait le banc où étaient assis les marguilliers, conseillers paroissiaux ou personnes notables de la paroisse. (source : Wikipédia)

jeudi 3 avril 2014

Des photos sur des noms

Ma résolution du mois de mars était de faire du tri dans les vieilles photos que j'ai en ma possession. J'ai un peu de retard, mais mieux vaut tard que jamais, surtout vu le contenu des photos.

En fait, je ne les ai pas vraiment en ma possession. J'avais demandé dernièrement à ma grand-mère maternelle, s'il lui serait possible de me montrer ses vieilles photos, car je savais qu'elle avait chez elle quelques albums de vieux clichés. Elle ne voulait pas sortir les photos des albums, ce que je peux comprendre, donc j'en ai pris des photos, ce qui peut expliquer parfois la moindre qualité.

Mais ces albums sont de véritables trésors. J'ai ainsi enfin pu mettre un visage sur mes tous arrières-grands-parents maternels, et même 3 AAGP ! Je dois bien dire que ça fait quelques chose, et chacun de vous qui a déjà découvert ces visages et enfin pu les mettre sur des noms et des prénoms a également dû ressentir cette émotion.

J'ai sélectionné une photo en particulier, qui réunit 3 générations.

Source : Collection personnelle

Cette photo a été prise à Dixmont, dans l'Yonne. Elle date de l'été ou de l'automne 1935. Ce qui me permet de dater cette photo aussi précisément ? Ma grand-mère, née en janvier 1935, qui est à gauche portée par sa mère, Noémie Léontine MERCIER. Au centre, les 3 premiers frères et sœurs de ma grand-mère, Mauricette, Maurice et Emilienne. Tout à droite, Emilienne, une tante de ma grand-mère. Et au fond, au milieu de la photo, Charlotte Camille MOUTURAT, la grand-mère paternelle de ma grand-mère, et donc ma AAGM, alors âgée de 54 ans. En zoomant un peu, on voit deux ombres à l'intérieur de la maison, peut-être le père et le grand-père de ma grand-mère, mais on ne peut l'affirmer. Les trois générations semblent vivre sous le même toit, ce qui n'est pas forcément étonnant pour l'époque.

Si vous en avez l'occasion, faites parler ces photos que vous avez en votre possession ou que votre famille garde précieusement. Cherchez à savoir qui sont toutes les personnes présentes sur ces clichés, interrogez vos parents, vos grands-parents, avant que ces mémoires ne disparaissent...

lundi 31 mars 2014

Pourquoi un blog de généalogie ?

A l'occasion de la Fête de l'Internet, Sophie de la Gazette des Ancêtres nous invite à nous pencher sur les raisons de la création de nos blogs respectifs. Je vais jouer le jeu, surtout que mon blog fêtera (déjà) son premier anniversaire demain !

C'est en effet le 1er avril 2013 que j'ai créé le blog Histoires d'Aïeux. A cet époque, j'étais déjà présent sur Twitter et je lisais avec assiduité les différents billets postés par chacun, avec l'envie d'y venir aussi. Et finalement je me suis décidé, au premier jour du Challenge AZ, à me lancer dans l'aventure.

Pourquoi ? Très bonne question. Je dois faire de la généalogie sérieusement (sous-entendu y consacrer un minimum de temps chaque jour) depuis bientôt une dizaine d'années maintenant. Tout a commencé avec un livret réalisé par un cousin lointain de ma branche paternelle, découvert chez ma grand-mère. Des heures de recherches compilées en arbres, histoires et autres photos d'actes. Le Graal pour tout généalogiste, qui m'a permis de mettre le pied à l'étrier. Sans tout copier de but en blanc mais en faisant les recherches moi-même et en vérifiant mes données avec celles du livret. Puis la naissance de mes enfants m'a incité à fouiller les racines de ma femme et ce sont ces racines qui occupent le plus clair de mon temps ! Pensez donc, une branche paternelle notamment qui n'a (quasiment) pas bougé au fil des siècles d'un triangle de 10 kms de côté nord Loiret / sud Essonne / ouest Seine-et-Marne. Disons que ça aide pour les recherches.

Mais malgré l'intérêt de ma femme et de la famille, j'avais envie de partager avec d'autres "adeptes". J'ai donc créer mon blog d'abord pour partager mes diverses expériences de recherches avec des passionné(e)s de généalogie. La blogosphère est suffisamment importante pour publier des articles et avoir en retour des discussions toujours très enrichissantes, qui permettent d'améliorer nos méthodes de travail, de trouver des aiguilles dans des bottes de foin ou encore tout simplement de discuter autour de nos ancêtres. Et les génétwittos sont tellement sympas qu'il aurait été dommage de s'en priver !

Ensuite, mon blog permet de rendre hommage à tous ceux sans qui nous ne serions pas là, tous ces ancêtres qui ont tracé leur route, pas forcément toujours droite ou aisée, parsemée d'épreuves souvent difficiles, mais qui toujours sont restés dignes et fiers.

Un blog à l'honneur
Difficile de mettre un blog plutôt qu'un autre à l'honneur. Tous mériteraient d'être cités ici, tant leur variété apporte à tous. Je vais tout de même en citer deux.

Celui de Sophie bien sûr, La Gazette des Ancêtres, qui m'a donné l'envie de créer le mien avec le Challenge AZ. Sophie anime cette blogosphère avec tant de ferveur et de bonne humeur que notre GO mérite bien une haie d'honneur pour tous les encouragements qu'elle nous donne et toutes les idées dont elle fourmille (même s'il est vrai que le compteur sur son blog pour le prochain Challenge AZ me fait un peu peur !).

Ensuite je vais citer le blog de Brigitte, Chroniques d'antan et d'ailleurs. Globe-trotteuse généalogique (ses recherches l'emmènent par exemple vers l'Allemagne ou l'Ukraine), elle abat en ce moment un travail considérable sur les Morts pour la France et les registres militaires de certaines communes de la Vienne. Et cela force le respect, en donnant l'envie d'en faire de même sur mes zones de recherche.

jeudi 20 mars 2014

#geneatheme M...comme métier, celui de garde-moulin

Le thème de ce mois-ci pour le #geneatheme est M comme métier, qui nous permet de mettre en avant un métier méconnu, oublié ou beaucoup pratiqué par nos ancêtres.

Je triche un peu, en vous invitant à (re)lire mon article du dernier #challengeAZ concernant le garde-moulin.

mardi 11 mars 2014

François Fils et ses femmes

François FILS fait partie d'une des branches collatérales de ma femme. Il naît le 08/03/1764 à Boigneville (Essonne), fils de Barthélémy FILS et de Denise GUDIN. Il exercera le métier de cultivateur.

Le 5 Ventôse an 3 (23/02/1795), il va se marier à Buno-Bonnevaux, commune voisine, avec Marie Anne BUTET, de 10 ans sa cadette. Elle est la fille de Louis François BUTET et de Marie Anne POIRIER.

Voici l'acte de mariage, un acte rien de plus classique.

Sources : Archives 91, Buno-Bonnevaux, cote 4E_0453

Ils auront deux enfants, dont un seul Amand François survivra et se mariera. Marie Anne BUTET décède cependant trop jeune, en 1802 à l'âge de 27 ans, quelques semaines avant sa fille, à peine âgée de 2 ans.

François FILS, tout à son chagrin, ne se remariera pas aussitôt, élevant son garçon très certainement seul, ses parents étant décédés déjà avant son mariage.

Enfin, en 1804, il franchit le pas et décide de se remarier. Le mariage apparaît toujours sur les registres de Buno-Bonnevaux, où il est installé. Le 10 Ventôse an 12 (01/03/1804), il épouse donc en secondes noces.....Marie Anne BUTET ! Celle-ci est fille de Jean BUTET et de Anne CHARPENTIER, et veuve de Jean Pierre PREVOST. Se seconde femme est donc la parfaite homonyme de sa première femme décédée.

Source : Archives 91, Buno-Bonnevaux, cote 4E_0454

Les deux Marie Anne BUTET ne sont en plus pas étrangères l'une à l'autre, étant cousine par leurs pères.

Source : mon arbre Geneanet

Pour la petite histoire, la seconde Marie Anne BUTET décédera quelques années après le mariage, en 1807 et François FILS se remariera en 1810 avec Marie Louise Lucas.

lundi 24 février 2014

Frères d'armes

Il est parfois des destins particuliers, quand des voisins, des amis peut-être se croisent, se retrouvent, sur le chemin de cette guerre qui va les voir tomber.

Alcide Désiré Auclerc est né le 14/04/1875 à Buno-Bonnevaux, petit village de l'Essonne dont j'ai déjà parlé maintes fois. Selon sa fiche matricule, il exerce la profession de maçon. Il est appelé sous les drapeaux le 16/11/1896 et y passera presque 3 ans, jusqu'à son envoi en disponibilité en septembre 1899. Malheureusement pour lui, la guerre va le rappeler à l'activité par suite de la mobilisation générale. Il intègre le 35ème Régiment Territorial d'Infanterie. Il passera ensuite au 405è RI le 04/09/1915.

Charles Lucien Pericat est né quant à lui le 13/03/1894, dans le même village de Buno-Bonnevaux. Même s'il réside à Tousson (proche commune de Seine-et-Marne) en 1914 selon sa fiche matricule, on peut aisément supposer qu'il connaît Alcide Auclerc. Dans ce village de 323 âmes en 1911, tout le monde se connaît. Alcide Auclerc a peut-être connu sur les bancs de l'école un des oncles de Charles Pericat, né dans les mêmes années que lui.

J'ai déjà évoqué les frères Pericat, tous trois décédés en quelques mois sur le front ici.

Charles Lucien est passé au 405è RI le 15/03/1915, où il sera donc rejoint le 04/09/1915 par Alcide Désiré. Peut-être se sont-ils croisés, peut-être ont-ils profité du défilé le 24 septembre à Izel-les-Hameaux devant le Colonel et devant le Général Toulorge pour parler de leur village qu'ils aimeraient tant retrouver. Ils peuvent se remémorer les rues du village, les bals du 14 juillet, la place de l'église où l'on aime à se retrouver entre amis pour discuter.

La suite sera forcément moins gaie, comme tous les combats auxquels ils ont déjà pris part. "Le 25 au matin, le Régiment est en tranchées, entre Mont-Saint-Eloi et le ferme de Bethonval, prêt à appuyer l'attaque soit sur Souchez, soit sur Vimy. A 13h30, les Bataillons s'ébranlent en colonnes doubles, les Compagnies en ligne de sections par quatre, sous le feu des 150 et 105 allemands. La nuit se passe en avant de la route de Béthune, à hauteur de Neuville-Saint-Vaast. Le 26, de la seconde ligne une partie du 2ème Bataillon appuie le mouvement du 407ème et perd quelques dizaines de tués ou blessés. Le lendemain 27 est calme. Enfin, à minuit, le Régiment tout entier va prendre position sur le terrain déjà conquis devant le bois de la Folie par les 5ème et 6ème Divisions. Le 405ème est mis à la disposition du Général commandant la 11ème Brigade. La 5ème Compagnie s'empare à le grenade de deux points importants , puis, à partir de 11h20, toutes les unités sont successivement engagées, prenant le tranché Nietzsche, le Boyau des Communs, les retournant, les organisant, non sans avoir perdu les deux tiers des Officiers (tués ou blessés) et un millier d'hommes. Le 405ème a beaucoup souffert certes, mais il a fait l'admiration de tous ceux qui ont eu la privilège de le voir à l’œuvre." (Historique du 405è RI)

Les deux compagnons sont décédés le même jour, le 28 septembre 1915, à Neuville-Saint-Vaast, lors d'une de ces offensives destinées à gagner un bois, une plaine, une butte, qui de toute manière sera très certainement perdu les jours suivants, quand ce n'était pas le jour même.

D'après sa fiche matricule, Charles Lucien Pericat est déclaré disparu, il fait parti de ces hommes dont le corps ne sera pas retrouvé, parce que les obus, les grenades ont creusé des trous où souvent sont enfouis les corps de soldats morts et que leurs camarades n'ont pas le temps d'ensevelir convenablement.

Source : Registres matricules archives 78

Alcide Désiré Auclerc aura plus de "chance". Son décès a été constaté le 12/11/1915 et son corps est inhumé au cimetière de la Motte (Pas-de-Calais), d'après son registre matricule. Mais son décès a bien été fixé au 28/09/1915 par jugement déclaratif de décès du Tribunal Civil d'Etampes.


Source : Registres matricules archives 78

lundi 13 janvier 2014

Des tableaux et beaucoup de boulot !

Ma résolution du mois de janvier peut paraître plutôt simple : recenser mes ancêtres (ceux de mes enfants en fait) et les actes qui vont avec sur les dix premières générations. Le but est de savoir où j'en suis. Ces derniers temps, je me suis en effet beaucoup concentré sur certaines branches (principalement du côté de ma femme), et j'en ai délaissé de nombreuses autres. Et bien, le moins que l'on puisse dire est qu'il y a un boulot monstre à effectuer (et que j'ai un peu honte aussi du retard pris par endroit) !

Mais pour faire un point, il faut d'abord un outil de travail. N'étant pas du tout papier ou cahier, ni Evernote, j'ai construit un outil simple et rapide sur Excel. Il n'a pas pour but d'être génialissime, ni même d'inventer la roue (certains ont sûrement déjà un outil du genre), mais juste d'être simple d'utilisation et de me permettre de visualiser en quelques instants mes SOSA sur 10 générations et les actes que j'ai en ma possession.

Les informations dont j'ai besoin : les prénoms et noms des SOSA, leurs dates, lieux et départements de naissance, mariage et décès. J'ai volontairement séparé lieux et départements pour pouvoir si besoin faire des statistiques plus facilement.
J'ai ensuite listé tous les numéros SOSA par génération et ce sur 10 générations donc.

Et j'obtiens le tableau suivant :

Tableau SOSA vierge - source : Cyril DAVY

Bien sûr, le tableau continue sur les numéros SOSA suivants, il ne s'agit ici que d'une capture d'écran. Comme vous le voyez en bas à gauche, deux onglets : la liste des SOSA et le récap.
Si vous n'avez pas trouvé un acte, vous mettez la case de la date en rouge (ou dans toute couleur qui vous plaira ;-)). Une fois l'acte trouvé, vous décolorez la case.

En ce qui concerne la récapitulatif, en voici la capture d'écran.


Tableau récapitulatif SOSA vierge - source Cyril DAVY


Ici le but est de savoir où on en est de nos recherches. Par génération, sont listés le nombre d'ancêtres, théoriques tout d'abord, et trouvés. Ensuite, le nombre d'actes de naissance/baptême, théoriques et trouvés. Idem pour les actes de mariage et de décès/sépultures.

Illustrons un peu avec mes données pour exemple.

Je commence volontairement à la génération 5, pour ne pas avoir à cacher des données sur des contemporains. Avec des cases blanches, l'exemple ne serait pas idéal.

Tableau SOSA rempli - source Cyril DAVY

On voit donc ici que je connais tous les ancêtres de mes enfants à la 5ème génération. Tout du moins, je sais qui ils étaient. On voit aussi en rouge donc qu'il manque déjà 2 actes de naissance, 2 actes de mariage et quasiment tous les actes de décès. Je connais pourtant presque toutes les dates, je les ai obtenues soit dans les mentions marginales des actes de naissance, soit dans les précieux livrets de famille que j'ai pu consultés. Mais c'est vrai que je n'avais pas forcément fait la démarche de les demander aux différentes mairies concernées. Mais j'ai commencé à réparer tout ça en commençant avec les demandes d'actes en ligne de la mairie de Paris.

Et donc si on fait le bilan des actes en ma possession pour mes SOSA jusqu'à la 10ème génération, le résultat final n'est pas très brillant !

Tableau récapitulatif SOSA rempli - source Cyril DAVY

Ouf, je connais au moins les SOSA sur 6 générations. Le chiffre commence à diminuer ensuite, du fait de certaines branches complètement abandonnées (sur l'Italie notamment). Au total, il me manque 2/3 des individus. Je savais qu'il m'en manquait, mais je ne pensais pas que ce serait autant.

Pour les actes de naissance, les manques commencent dès la génération 5, du fait de l'Italie et également puisqu'il y a un acte dont je connais la date mais que je n'ai pas (encore) demandé. Ensuite, le pourcentage d'actes en ma possession baisse au fur et à mesure. Ce qui est logique, vu que le nombre d'individus trouvés diminue. Au final, j'ai honte de dire que je n'ai que 10% des actes de naissance.

Concernant les actes de mariage, le constat est presque identique. Les failles commencent dès la génération 3. Il me manque l'acte de mariage des parents de ma femme (les miens n'ayant jamais été mariés). Au final, un peu moins de 15% des actes de mariage trouvés.

Pour les décès, le résultat est pire. Les premières générations sont faussées, forcément. Mais ensuite, les résultats ne sont pas probants, avec un total bien faible de 6% d'actes en ma possession.

J'ai donc beaucoup de travail en perspective. Pour commencer, je vais déjà essayer de trouver (ou obtenir auprès des mairies) les actes dont j'ai les références. Et ensuite, il me faudra mettre les mains dans le cambouis pour remonter patiemment les générations et trouver les individus manquants. Et refaire des points d'étapes en cours d'année.

J'avoue que c'est un excellent exercice. J'avais remonté certaines branches assez loin (pour moi en tout cas, 14ème génération au maximum je crois), alors que d'autres sont restés des rameaux très fins. Je redécouvre des ancêtres, des régions inexploitées pour l'instant et tout cela me promet des recherches et des trouvailles fascinantes dans les prochains mois.

mercredi 18 décembre 2013

#geneatheme Mon bilan 2013

Voilà une année bien chargée pour ma part, comme pour beaucoup d'autres généabloggeurs !

Twitter / le blog
Qui d'abord aurait pu croire il y a encore quelques mois que je serais en train d'écrire ce post aujourd'hui, pour faire le point sur mon année 2013 généalogique ? Sûrement pas moi pour commencer ! Même si j'ai ouvert mon compte Twitter fin 2012, j'ai vraiment commencé à interagir durant 2013, et bien m'en a pris. Cette communauté de Généatwittos est très enrichissante et, pour avoir rencontré quelques personnes "en vrai", ma foi très sympathique ;-) J'espère renouveler cette expérience lors des prochains Matins Malins de la RFG en mars.

Mais surtout la nouveauté cette année a été mon blog ! J'ai voulu relever le challenge AZ et ce blog a été créé ... le 1er jour du dit challenge. Je ne pensais pas pouvoir tenir le coup, mais au final, l'expérience fut très enrichissante (merci à ma femme pour son soutien moral ;-)). Pour mes débuts, je suis plutôt satisfait.

Au final, 40 articles écrits (en incluant ce bilan). J'ai généralement entre 70 et 100 visites sur chacun de mes articles, ce que je trouve plutôt bien, avec mon "best seller" à plus de 600 clics ! C'est mon article du Challenge AZ sur Louis XIV, qui reprend notamment une image de la lignée royale, ce qui est généralement ce qui conduit les gens sur cet article (dixit Blogger).

Mes recherches
J'ai pas mal avancé cette année, même si on n'avance probablement jamais aussi vite qu'on le voudrait. J'ai découvert 7 couples à la génération 14 pour mes 2 fils. Pour avancer plus loin, il me faudra consulter les archives "non classiques", notariales principalement, étant arrivé au bout des BMS disponibles.

J'ai complété beaucoup de lignées (directes ou non). Pour ce faire, j'ai fini d'éplucher complètement l'état civil et les registres paroissiaux des communes de Boigneville, Prunay-sur-Essonne et Gironville-sur-Essonne (toutes trois situées dans le département de l'Essonne). Globalement, je pense pouvoir dire que 80 à 85% des actes de ces communes se retrouvent dans ma généalogie (SOSA ou alliés proches ou lointains).

Résolutions pour 2014
La première sera d'écrire un peu plus sur ce blog. Dans le meilleur des mondes, j'aimerais écrire au moins un article par semaine, et surtout rentrer un peu plus dans les détails de mes recherches, ce que je n'ai pas assez fait pour l'instant à mon goût. A voir si je peux tenir le rythme. Et surtout, il va falloir assurer pour le prochain Challenge AZ au moins de juin, qui tombe mal car en plein pendant la Coupe du Monde de football ;-) Il faudrait cette fois que j'ai planifié mes articles à l'avance, ce serait quand même beaucoup plus simple.

Le deuxième grand chantier sera de compléter mes SOSA. Avec mes histoires de dépouiller des communes entières (ce que je ne regrette pas, mais c'est très chronophage), j'ai laissé des branches entières à l'état de simples rameaux. J'aimerais trouver tous les actes concernant mes SOSA sur les 7 ou 8 premières générations. Ce serait déjà un bon début, en sachant que pour certains, je n'ai quasiment aucune information à ce jour.

Enfin, la dernière résolution sera l'entraide et l'indexation. Il y a tout d'abord le projet actuel d'indexation sur le site Mémoire des Hommes. Ensuite le projet de Clément sur l'indexation d'un tableau d'honneur de la grande guerre. Et enfin, divers sites sur lesquels j'ajoute des informations quand je les trouve au hasard de mes recherches, comme par exemple le site de l'Association Histoire du Premier Empire.

Bonnes fêtes de fin d'année à tous !

jeudi 5 décembre 2013

Indexation des Poilus sur Mémoire des Hommes

Le site Mémoire des Hommes propose un module d'indexation collaborative. Celle-ci doit permettre aux internautes d'enrichir la base des Morts pour la France de la Première Guerre Mondiale.

Voici ma contribution au projet.

AMIARD
Henri Appolinaire AMIARD, 2è cl. au 246è RI, né le 13/03/1884 à Mainvilliers (45), MPLF le 31/08/1916 à Esnes-en-Argonne (55)

ANDRE
Hilaire César ANDRE, Caporal au 55è RI, né le 05/07/1886 à Gironville-sur-Essonne (91), MPLF le 10/04/1918 à Faulx (54)

AUCLERC
Alcide Désiré AUCLERC, Soldat au 405è RI, né le 14/04/1875 à Buno-Bonnevaux (91), MPLF le 28/09/1915 à Neuville-Saint-Vaast (62)

BAQUET
Louis Joseph BAQUET, 2è cl. au 10è BCP, né le 13/11/1882 à Cerny (91), MPLF le 04/04/1916 à Verdun (55)

BAUDET
Julien BAUDET, 2è cl. au 119è RI, né le 01/03/1894 à Prunay-sur-Essonne (91), MPLF le 23/12/1916 à Souilly (55)
Maurice Julien BAUDET, 2è cl. au 69è RI, né le 04/09/1895 à Buno-Bonnevaux (91), PMLF le 22/01/1915 à Autun (71)
Nestor Odile BAUDET, Canonnier conducteur au 59è RA, né le 09/07/1889 à Gironville-sur-Essonne (91), MPLF le 23/09/1914 à Fresnes-en-Woëvre (55)

BESNARD
Gaston Auguste BESNARD, Sergent au 26è Bataillon de Chasseurs, né le 22/08/1883 à Gironville-sur-Essonne (91), MPLF à Heippes (55)

BEZ
Antoine BEZ, 2è cl. au 22è RIC, né le 10/04/1881 à Chalabre (11), MPLF le 25/09/1915 à Massiges (51)

BUREAU
Louis Emile BUREAU, Caporal au 82è RI, né le 09/09/1888 à Sury-aux-Bois (45), MPLF le 04/01/1915 à Vauquois (55)

CAILLEAUX
Albert Paul Jules Augustin CAILLEAUX, 2è cl. au 10è BCP, né le 28/05/1895 à Etampes (91), MPLF le 04/09/1916 à Soyécourt (80)

CHATELAIN
Fabien Alexandre CHATELAIN, 2è cl. au 82è RI, né le 02/01/1891 à Nanteau-sur-Essonne (77), MPLF le 24/09/1914 à Cheppy (55)

COLLEAU
Marcel Gustave COLLEAU, Sergent au 160è RI, né le 23/06/1887 à Buno-Bonnevaux (91), MPLF le 13/07/1916 à Maricourt (80)

DASSY
Jules DASSY, 2è cl. au 31è RI, né le 07/08/1880 à Malesherbes (45), MPLF le 17/02/1915 à Vauquois (55)
Marcel Henri DASSY, sergent au 26è BC, né le 20/05/1884 à Maisse (91), MPLF le 28/02/1916 à Suippes (51)

DAVY
René Joseph DAVY, 2è cl. au 32è RI, né le 19/11/1888 à Thouarcé (49), MPLF le 24/04/1918 à Rouvrel (80)

DENECE
Alcide DENECE, Caporal au 76è RI, né le 02/04/1890 à Valpuiseaux (91), PMLF le 28/10/1914 à Ronceux-Neufchâteau (88)
Maurice Charles DENECE, 2è cl. au 31è RI, né le 25/06/1888 à Valpuiseaux (91), MPLF le 23/08/1914 à Longuyon (54)

DIDIER
Jules Etienne DIDIER, 2è cl. au 354è RI, né le 05/01/1886 à Paris 14è, MPLF le 16/09/1914 à Osly-Courtil (02)

FEUILLAS
Maurice Prosper FEUILLAS, 2è cl. au 82è RI, né le 20/07/1888 à Buno-Bonnevaux (91), MPLF le 17/01/1915 à Boureuilles (55)

HERBLOT / HERBELOT
André Charles HERBLOT, 2è cl. au 167è RI, né le 04/02/1896 à Buno-Bonnevaux (91), MPLF le 18/07/1918 à La Savière (02)
Désiré Emile HERBLOT, 2è cl. au 143è RI, né le 21/05/1878 à Buno-Bonnevaux (91), MPLF le 31/10/1915 à Sommepy-Tahure (51)

HUREAU
Arthur HUREAU, Soldat au 8è Régiment de Hussards, né le 14/03/1893 à Buno-Bonnevaux (91), MPLF le 08/07/1918 à Ognon (60)

MIGNOT
Emile Joseph MIGNOT, 2è cl. au 82è RI, né le 18/03/1888 à Orveau-Bellesauve (45), MPLF le 02/10/1914 à Lachalade (55)
Marius MIGNOT, 2è cl. au 168è RI, né le 29/12/1869 à Prunay-sur-Essonne (91), MPLF le 05/02/1917 à Jouy-sur-Morin (77)

NARDON
Camille Dominique NARDON, 2è cl. au 289è RI, né le 01/06/1879 à Milly-la-Forêt (91), MPLF le 25/05/1915 au Plateau de Notre-Dame de Lorette (62)
Léon Louis NARDON, 2è cl. au 1er ETEM, né le 30/08/1881 à Milly-la-Forêt (91), MPLF le 13/10/1918 à Urbès (68)

PERICA
Charles Lucien PERICA, Soldat au 405è RI, né le 13/03/1894 à Buno-Bonnevaux (91), MPLF le 28/09/1915 à Neuville-Saint-Vaast (62)
Fernand Joseph PERICA, 2è cl. au 29è Régiment de Dragons, né le 09/05/1891 à Buno-Bonnevaux (91), MPLF le 18/12/1914 à Nieuwpoort (Belgique)
Henri Georges PERICA, 2è cl. au 12è Régiment de Cuirassiers, né le 23/03/1890 à Buno-Bonnevaux (91), MPLF le 26/09/1916 à Deauville (14)

RAYER
Léo Edouard Pierre RAYER, Maréchal des Logis au 1er Groupe d'Aviation, né le 01/10/1891 à Montgeron (91), MPLF le 27/12/1917 à Châlons-en-Champagne (51)

ROYNE
Georges Auguste ROYNE, 2è cl. au 2è RMZT, né le 13/01/1886 à Moisenay (77), MPLF le 02/05/1916 à Douaumont (55)
Lucien ROYNE, Caporal au 331è RI, né le 09/03/1887 à Moisenay (77), MPLF le 24/09/1914 à Cheppy (55)

SYLVAIN
René Emilien SYLVAIN, 2è classe au 89è RI, né le 16/04/1894 à Boigneville (91), MPLF le 25/09/1916 à Bouchavesnes-Bergen (80)

TABOUREL
Prosper Adolphe Louis TABOUREL, Soldat au 321è RI, né le 19/5/1879 à Saint-Georges-de-Reimtembault (35), MPLF le 18/8/1918 à Malesherbes (45)

TOURET
Clément Louis TOURET, 2è cl. au 169è RI, né le 01/10/1891 à Brouy (91), MPLF le 26/05/1915 à Ecrouves (54)
Henri Désiré TOURET, 2è cl. au 21è RIC, né le 29/09/1889 à Brouy (91), MPLF le 06/09/1914 à Ecriennes (51)

VELLARD
Georges Désiré Eugène VELLARD, Maréchal des Logis au 45è RA, né le 09/11/1893 à Coinces (45), MPLF le 04/05/1915aux Islettes (55)

jeudi 21 novembre 2013

#Geneatheme Une famille décimée

Contrairement à beaucoup de généalogistes, je n'ai pas d'ancêtres directs décédés lors du conflit de 14-18. Des frères, des cousins, des oncles de SOSA, mais pas de SOSA. Ma femme en a pour sa part 3 : ses deux arrière-grands-pères paternels, ainsi qu'un arrière-arrière-grand-père du côté maternel.

Mais je vais les laisser de côté, au moins pour l'instant, pour montrer une nouvelle fois que cette guerre a coûté très cher à beaucoup trop de familles. C'est en indexant le monument aux morts de Buno-Bonnevaux (91) sur Mémoire des Hommes que j'ai noté les informations dont je vais traiter.

Monument aux morts Buno-Bonnevaux, collection personnelle
 
Eugène Honoré PERICAT et Adèle Eugénie BARDIN font partie de familles collatérales alliées de celle de ma femme. Ils se marient à Buno-Bonnevaux le 19/10/1887. Naissent de cette union deux filles : Henriette Adèle Eugénie en 1887 et Fernande Marie en 1889. Suivent quatre garçons : Henri Georges en 1890, Fernand Joseph en 1891, Charles Lucien en 1894 et enfin Alphonse Maurice en 1896.

Lorsque la guerre éclate, Henri Georges et Fernand Joseph ont a priori terminé leur service, sauf s'ils sont encore sous les drapeaux alors que la loi Barthou fait passer le service de 2 à 3 ans. A noter qu'Henri Georges est de la classe 1911, alors qu'il est né en 1890 (les registres sont formels, je ne sais pas d'où vient cette erreur). Charles Lucien est quant à lui appelé l'année du début de la guerre. Je pense qu'Alphonse Maurice sera appelé ensuite, le temps venu (à vérifier aux AD sur les registres matricules).

Sur les fiches Mémoire des Hommes, Henri Georges est affecté au 12ème Régiment de Cuirassiers, Fernand Joseph au 29ème Régiment de Dragons et Charles Lucien au 405ème Régiment d'Infanterie.

Fernand Joseph au sein du 29ème Régiment de Dragons commencera la guerre en Belgique, avant de revenir vers Paris, puis de reprendre le chemin des Flandres. L'historique du régiment sur Gallica nous indique les événements suivants pour décembre 1914.
"Dans les premiers jours de décembre 1914, le 29ème Dragons [...] est prêt à prendre part à nouveau au combat.
Il semble que l'ennemi, épuisé par la sanglante bataille de l'Yser, renonce à ses projets offensifs. Le Commandement français décide de saisir l'occasion pour élargir la tête de pont de Nieuport, afin de pousser jusqu'à Ostende.
[...] Le 15, l'escadron à pied franchit l'Yser et participe aux attaques de la Grande Dune. Pendant 12 jours, il se maintient avec la S.M. sur le terrain conquis malgré de lourdes pertes et les difficultés chaque jour plus grandes d'une lutte qui se poursuit dans les tranchées de sable."

Fernand Joseph sera de ces lourdes pertes, tué à l'ennemi le 18/12/1914 aux dunes de Nieuport.

Source : Mémoire des Hommes

Charles Lucien a dû intégrer le 405ème Régiment d'Infanterie lors de sa création en mars 1915 (cf Historique du Régiment sur le BDIC). Après quelques semaines en Champagne, le Régiment part en direction du nord, où il sera présent de nombreux mois dans le Pas-de-Calais. En juillet, "le 405ème aborde le secteur de Neuville-Saint-Vaast, où tant des siens seront destinés à verser leur sang.
Il y reste avec quelques pertes, sensibles surtout au 1er Bataillon, du 26 juillet au 5 août. Puis il va se reposer vingt jours [...]. Ce repos est employé surtout à enseigner le lancement des grenades et le travail des sapes, puis le 23 août commence une longue période de tranchées, riche en pertes et en rudes travaux. [...]
La préparation d'artillerie lourde commence, en vue de l'offensive prochaine. [...] Le 25 au matin, le Régiment est en tranchées, entre Mont-Saint-Eloi et la ferme de Bethonval, prêt à appuyer l'attaque soit sur Souchez, soit sur Vimy. A 13h30, les Bataillons s'ébranlent en colonnes doubles, les Compagnies en ligne de sections par quatre, sous le feu des 150 et 105 allemands. [...] Enfin, le 28 à minuit, la Régiment tout entier va prendre position sur le terrain déjà conquis devant le Bois de la Folie par les 5ème et 6ème Divisions. [...] Puis, à partir de 11h20, toutes les unités sont successivement engagées, prenant la tranchée Nietzsche, le boyau des Communs, les retournant, les organisant, non sans avoir perdu les deux tiers des Officiers (tués ou blessés) et un millier d'hommes. Le 405ème a beaucoup souffert certes, mais il a fait l'admiration de tous ceux qui ont eu le privilège de le voir à l'œuvre."

C'est pendant ces combats que Charles Lucien est tué à l'ennemi, le 28/09/1915, à Neuville-Saint-Vaast. En l'espace de 9 mois, la guerre vient de tuer deux des fils d'Eugène Honoré et d'Adèle Eugénie...

Source : Mémoire des Hommes

Presqu'un an jour pour jour plus tard, les deux parents recevront une 3ème mauvaise nouvelle. Henri Georges décède le 26/09/1916 à Deauville, à l'hôpital 31, des suites de blessures de guerre. Dans l'attente de consulter la fiche matricule aux AD, je n'en sais pas plus sur les circonstances de ces blessures.
21 mois auront suffi pour décimer la quasi totalité des hommes de la famille, comme dans de trop nombreuses familles en France.

Source : Mémoire des Hommes