mercredi 1 octobre 2014

Ecrasé par sa propre voiture

Peu d'articles sur le blog en ce moment, et pourtant j'en ai quelques uns dans ma liste, mais beaucoup de travail pour une seconde activité, dont j'espère parler bientôt.

Au hasard de mes recherches, et grâce à un curé un peu plus bavard que d'autres, j'ai trouvé l'acte suivant, datant de 1786, sur la paroisse de Bonneuil-les-Eaux, dans l'Oise actuelle. Le malheureux aura péri sous le poids de sa voiture, certainement une cariole remplie de blé, vu son métier de marchand blatier (je vous renvoie à mon article sur cet ancien métier), qu'il emmenait peut-être pour vendre sur un marché, ou dont il revenait.

Comme d'habitude, je laisse "dans le jus", avec orthographe et syntaxe d'époque.

L'an mil sept cent quatre vingt six, le vendredi, sixième
jour du mois de janvier, sur les trois heures de relevée, le corps
de François de la Vaquerie, époux de Marie-Catherine Nattier
âgé de vingt quatre ans accomplis, cabaretier et marchand blatier
à la folie hameau de cette paroisse ; Lequel, mercredi dernier, quatre
des présents mois & an, environs les quatre heures aussi de relevée,
a malheureusement périt sur la grande route de Breteuil à Beauvais,
au lieu dit la Descente du Bois de la Neuville, distance de cette
paroisse d'environs quatre lieues, où il a été écrasé par une
voiture qu'il conduisait lui même, ainsi qu'il nous a apparu par
deux certificats en bonne & duë forme en date du quatre desdits
présents mois & an. Le premier signé de cinq des notables
habitants de la Neuville-Saint-Pierre secours de la paroisse de
Reuil de ce diocèse, Et qui se transporterent sur les lieux peu
de temps après l'accident arrivé, et le second, signé seulement
de Claude François Rousselle, jeune homme âgé de dix huit ans
et demi, fils de Jacques, laboureur et de Marie-Louise Le Bel,
aussi de la dite Neuville, témoin auriculaire (sic) des faits ci dessus
relatés, attendu qu'il était pour lors occupé à décharger une voiture
de fumier  proche du grand chemin et dans ces environs au
moment même de l'accident, lesquels certificats pour
plus grande sûreté sont restés entre nos mains pour y
avoir recours en cas de besoin ; a été inhumé dans le cimetière
de cette paroisse par moi curé de Bonneuil et dépendances
soussigné en présence de Jean Baptiste de la Vaquerie son
frère germain blattier en cette paroisse et de Pierre Nattier
son beau frère charron à Camon diocèse d'Amiens et de
plusieurs autres de ses parents et amis tous habitants de
cette paroisse, qui ont signé avec nous.

mardi 8 juillet 2014

Nettoyage des reliques de Saint-Vérain (Nièvre)

Au cours de nos recherches, trop souvent nous nous bornons aux actes qui nous intéressent, alors que certains curés sont parfois plus causants, comme ont pu le noter dernièrement Olivier ou Benoît.

En faisant des recherches dans la Nièvre, à Saint-Vérain plus précisément, j'ai trouvé un acte peu commun, noté sur les registres de la paroisse en 1763 par le curé Brière.

"Acte concernant les
reliques de st Blaise et de
st Vérain

Les reliquaires de st Blaise et de st verain
patrons de cette paroisse de st verain
etant depuis long temps dans un tres mauvais
etant et ayant depuis tres long temps besoin
d'etre racommodés, netoyés et blanchis

Nous les avons ouverts, et en avons oté les
reliques le dimanche premier mai mil
sept cent soixante et trois entre vespres et
complies et en presence de tout le monde
afin que les dits reliquaires etant vides
fussent mis entre les mains de l'orfevre
pour faire louvrage qu'il y avoit
a faire. Les dites reliques pendant ce temps
ayant toujours été renfermes et mises sous
la clef dans les lieux ou on a coutume de
les mettre etant dans leur reliquaires.

Dans le reliquaire de st Blaise nous
avons trouvé les deux petits ossements tels
qu'ils se voyent encore à travers le vitre
attaché au dit reliquaire.

Dans le chef, vu dans le reliquaire de
st verain, nous avons trouve un morceau
considerable du crâne, trois autres
parties aussi considerable sois de la
sois de la teste, sois du col. De plus comme
une enveloppe de taftas presque entierement
usé qui par vetusté s'en alloit comme
en poussière, et qui neanmoins se
montrois avoir été cousu.

Les dits reliquaires étant racommodés
le lundy des rogations de la dite année
mil sept cent soixante et trois, le peuple
a été assemble au son de la cloche et
en presence d'un grand nombre d'habitants
qui avoient été presents a l'ouverture des
dits reliquaires, on y a remis et enfermés
les memes reliques, qui en avoient été
otés.

Nous avons même enfermé dans le
reliquaire de st verain jusqu'a la
poussière provenante soit des reliques, soit
du dit taftas usé. Dans un autre morceau
de taftas mais separé des reliques aussi
enveloppées dans un autre pièce de
taftas, que nous avons cousu.

L'ouverture et la cloture ont été faites
avec chants et prières de l'Eglise.

Nous soussignés certifions que nous
y avons été presents, que nous avons vu
oter et remettre les dites reliques
ainsi qu'il est enonce cy devant, qu'un
grand nombre d'habitant a vu la
même chose que nous, et est pour
le certifier comme nous en foi de quoi
nous avons signé ce vingt sixieme jour
de decembre mil sept cent soixante et trois."

 
 
Archives en ligne de la Nièvre - Saint-Vérain - 4E270 art. 2

samedi 31 mai 2014

#ChallengeAZ - A comme Ancestramil

Ancestramil est un site web consacré à l'histoire militaire de la France. Ce site est géré par une association, dont l'un des buts principaux est de "rendre accessible à tous, gratuitement, toujours via Internet les documents d'archives permettant la connaissance de tel ou tel domaine de l'histoire militaire française, particulièrement à des fins généalogiques". Les sources qui permettent d'obtenir les informations publiées sur le site sont le SHD, les Archives Nationales, ainsi que divers ouvrages détenus par les adhérents de l'association.

La première fois que je suis tombé sur ce site est un complet hasard. L'AGP de ma femme est décédé au plateau de Notre-Dame-de-Lorette en mai 1915, au sein du 289è Régiment d'Infanterie. Allant faire un tour sur le site Mémoire des Hommes, déception quand le journal de marche est absent pour cette période. Mon ami moteur de recherche préféré me sort alors le site Ancestramil, où je trouve l'historique du 289è RI. Cet ancêtre n'y est pas présent, mais cet historique me permet de faire un peu le point sur la situation et l'action aux alentours de la date de sa mort.


Sur la gauche de l'écran, un menu plutôt intuitif.

Cliquez par exemple que Généralités -> Outils de recherche -> Cotes et vous verrez apparaître un certain nombre de documents, principalement des inventaires spécifiques disponibles au SHD (contrôle des troupes par exemple) qui vous permettront d'obtenir des références pour vos recherches futures.

Dans cette partie, le point le plus intéressant est l'outil "Patronymes", qui va vous permettre d'interroger la base de données du site, quel que soit l'endroit où le nom est cité (historique des régiments, MPLF des régiments, ...).

Ensuite passons à l'onglet Terre, qui va vous permettre d'interroger par arme et par période la base de données du site et vous permettre d'obtenir des historiques de régiments. Ces historiques sont plus nombreux pour la 1ère Guerre Mondiale, mais vous pourrez y trouver des informations intéressantes également pour les autres périodes.

Pour la Mer, l'historique de certains bâtiments ou de certaines batailles, tout comme pour l'onglet Air.

Je vous invite à consulter les autres onglets, remplis d'informations toutes plus précieuses que les autres (avec vraiment un travail remarquable) :
- Morts pour la France, qui recense les MPLF de certaines unités
- Batailles et combats qui nous relate certains combats, le plus ancien étant la Bataille de Dreux en 1562
- Généalogies et Biographies, qui comme son nom l'indique, propose certaines généalogies ou biographies de militaires français.

Dans Divers, des documents divers et variés, mais non moins importants, sur la Commune de 1870 par exemple ou des listes de prisonniers (guerres Napoléoniennes, Commune de 1870).

Enfin, l'onglet Organisation qui comme son nom l'indique traite de l'organisation militaire, mais dans ses grandes largeurs, allant de la situation de l'Armée d'Espagne en juillet 1810, à des informations sur le recrutement des milices de 1686 à 1742, ou à la liste des camps de prisonniers en Allemagne en 1915.

Bref, des ressources hétéroclites mais un site à mettre en favori pour ceux qui ne l'ont pas encore, tant sa richesse est importante.

lundi 12 mai 2014

Bénédiction de cloches à Maisse en 1757

J'ai entamé l'épluchage des registres de la commune de Maisse, dont sont originaires une partie des ancêtres de ma femme. Et en 1757, on peut trouver au milieu des actes "classiques" la bénédiction des moyennes et petites cloches de la paroisse.

 
AD Essonne en ligne - Maisse Notre-Dame de Maisse 1742-1765 - 4E_1868

Le vingt sept juin au dit an ont etés benites la
moyenne et la petite cloche par nous prêtre
curé soussignés qui ont eus pour parain haut
et puissant Seigneur Messire Henry Pomponne
du Reffuge Lieutenant general des Armées du
Roy Seigneur de ce lieu et autres, et pour
marainne haute et puissante dame Madelainne
du Reffuge Marquise de Montenay, et ont
occupés pour les dits seigneur et dame Louis
Henry Allaire Lieutenant des Justices et prevoté
de maisse, Jean Jacques Allaire, fils du Sieur
Jean Thomas Allaire Receveur de la terre
et Seigneurie de maisse, et pour marainne Demoiselle Marie
Jeanne Allaire fille du dit Sieur Jean Thomas Allaire
Receveur de la terre et Seigneurie de ce
lieu et Demoiselle Lucie Naneau femme du
dit Sieur Louis Henry Allaire qui ont
signes avec nous

vendredi 11 avril 2014

Hommage à un maître des petites écoles

Voici un acte trouvé dans les registres paroissiaux de la commune de Maisse (91). Jacques Delafosse vient de décéder, et au moment d'inscrire son acte sur les registres, le curé tient à lui rendre hommage. A priori, Jacques Delafosse a eu une forte importance pour la commune.

Il est dit
- arpenteur juré (Wikipédia nous dit que "sous l'ancien régime français les « arpenteurs-jurés » sont des spécialistes de la mesure et du droit du sol")
- maître des petites écoles
- fort bel écrivain, non pas auteur, mais doté d'une belle écriture
- zélé pour l'office divin, auquel il doit prendre part pour la préparation notamment je pense

Tout ceci lui vaut le privilège d'être inhumé dans l'église de la paroisse, derrière la banc d'oeuvre*.

"Le sept avril mil sept cent quarante cinq
a été inhumé dans l'église, derrière
le banc d'oeuvre, après avoir recu les
sacremens, le corps de Jacques Delafosse
arpenteur juré tenant les petites écoles
de ce lieu la plus belle main pour l'écriture
qu'il y eut de son temps, zélé pour que
l'office divin fut fait avec (xx) et
avec pompe, âgé de quarante six ans,
ayant instruit la jeunesse pendant vingt trois
ans, la dite inhumation faite présence [...]"

S'ensuivent la liste des témoins et une bonne quinzaine de signatures.

Source : AD91, Maisse 1742-1765 (cote 4E_1868)

*Le banc d'œuvre ou banc de l'œuvre est un type de mobilier liturgique consistant en un banc réservé aux membres du conseil de fabrique d'une paroisse. Caractérisé par l'importance de sa taille et de son décor, le banc d'œuvre est situé le plus souvent face à la chaire à prêcher. Sa destination peut être indiquée par une inscription.
Il désignait le banc où étaient assis les marguilliers, conseillers paroissiaux ou personnes notables de la paroisse. (source : Wikipédia)

jeudi 3 avril 2014

Des photos sur des noms

Ma résolution du mois de mars était de faire du tri dans les vieilles photos que j'ai en ma possession. J'ai un peu de retard, mais mieux vaut tard que jamais, surtout vu le contenu des photos.

En fait, je ne les ai pas vraiment en ma possession. J'avais demandé dernièrement à ma grand-mère maternelle, s'il lui serait possible de me montrer ses vieilles photos, car je savais qu'elle avait chez elle quelques albums de vieux clichés. Elle ne voulait pas sortir les photos des albums, ce que je peux comprendre, donc j'en ai pris des photos, ce qui peut expliquer parfois la moindre qualité.

Mais ces albums sont de véritables trésors. J'ai ainsi enfin pu mettre un visage sur mes tous arrières-grands-parents maternels, et même 3 AAGP ! Je dois bien dire que ça fait quelques chose, et chacun de vous qui a déjà découvert ces visages et enfin pu les mettre sur des noms et des prénoms a également dû ressentir cette émotion.

J'ai sélectionné une photo en particulier, qui réunit 3 générations.

Source : Collection personnelle

Cette photo a été prise à Dixmont, dans l'Yonne. Elle date de l'été ou de l'automne 1935. Ce qui me permet de dater cette photo aussi précisément ? Ma grand-mère, née en janvier 1935, qui est à gauche portée par sa mère, Noémie Léontine MERCIER. Au centre, les 3 premiers frères et sœurs de ma grand-mère, Mauricette, Maurice et Emilienne. Tout à droite, Emilienne, une tante de ma grand-mère. Et au fond, au milieu de la photo, Charlotte Camille MOUTURAT, la grand-mère paternelle de ma grand-mère, et donc ma AAGM, alors âgée de 54 ans. En zoomant un peu, on voit deux ombres à l'intérieur de la maison, peut-être le père et le grand-père de ma grand-mère, mais on ne peut l'affirmer. Les trois générations semblent vivre sous le même toit, ce qui n'est pas forcément étonnant pour l'époque.

Si vous en avez l'occasion, faites parler ces photos que vous avez en votre possession ou que votre famille garde précieusement. Cherchez à savoir qui sont toutes les personnes présentes sur ces clichés, interrogez vos parents, vos grands-parents, avant que ces mémoires ne disparaissent...

lundi 31 mars 2014

Pourquoi un blog de généalogie ?

A l'occasion de la Fête de l'Internet, Sophie de la Gazette des Ancêtres nous invite à nous pencher sur les raisons de la création de nos blogs respectifs. Je vais jouer le jeu, surtout que mon blog fêtera (déjà) son premier anniversaire demain !

C'est en effet le 1er avril 2013 que j'ai créé le blog Histoires d'Aïeux. A cet époque, j'étais déjà présent sur Twitter et je lisais avec assiduité les différents billets postés par chacun, avec l'envie d'y venir aussi. Et finalement je me suis décidé, au premier jour du Challenge AZ, à me lancer dans l'aventure.

Pourquoi ? Très bonne question. Je dois faire de la généalogie sérieusement (sous-entendu y consacrer un minimum de temps chaque jour) depuis bientôt une dizaine d'années maintenant. Tout a commencé avec un livret réalisé par un cousin lointain de ma branche paternelle, découvert chez ma grand-mère. Des heures de recherches compilées en arbres, histoires et autres photos d'actes. Le Graal pour tout généalogiste, qui m'a permis de mettre le pied à l'étrier. Sans tout copier de but en blanc mais en faisant les recherches moi-même et en vérifiant mes données avec celles du livret. Puis la naissance de mes enfants m'a incité à fouiller les racines de ma femme et ce sont ces racines qui occupent le plus clair de mon temps ! Pensez donc, une branche paternelle notamment qui n'a (quasiment) pas bougé au fil des siècles d'un triangle de 10 kms de côté nord Loiret / sud Essonne / ouest Seine-et-Marne. Disons que ça aide pour les recherches.

Mais malgré l'intérêt de ma femme et de la famille, j'avais envie de partager avec d'autres "adeptes". J'ai donc créer mon blog d'abord pour partager mes diverses expériences de recherches avec des passionné(e)s de généalogie. La blogosphère est suffisamment importante pour publier des articles et avoir en retour des discussions toujours très enrichissantes, qui permettent d'améliorer nos méthodes de travail, de trouver des aiguilles dans des bottes de foin ou encore tout simplement de discuter autour de nos ancêtres. Et les génétwittos sont tellement sympas qu'il aurait été dommage de s'en priver !

Ensuite, mon blog permet de rendre hommage à tous ceux sans qui nous ne serions pas là, tous ces ancêtres qui ont tracé leur route, pas forcément toujours droite ou aisée, parsemée d'épreuves souvent difficiles, mais qui toujours sont restés dignes et fiers.

Un blog à l'honneur
Difficile de mettre un blog plutôt qu'un autre à l'honneur. Tous mériteraient d'être cités ici, tant leur variété apporte à tous. Je vais tout de même en citer deux.

Celui de Sophie bien sûr, La Gazette des Ancêtres, qui m'a donné l'envie de créer le mien avec le Challenge AZ. Sophie anime cette blogosphère avec tant de ferveur et de bonne humeur que notre GO mérite bien une haie d'honneur pour tous les encouragements qu'elle nous donne et toutes les idées dont elle fourmille (même s'il est vrai que le compteur sur son blog pour le prochain Challenge AZ me fait un peu peur !).

Ensuite je vais citer le blog de Brigitte, Chroniques d'antan et d'ailleurs. Globe-trotteuse généalogique (ses recherches l'emmènent par exemple vers l'Allemagne ou l'Ukraine), elle abat en ce moment un travail considérable sur les Morts pour la France et les registres militaires de certaines communes de la Vienne. Et cela force le respect, en donnant l'envie d'en faire de même sur mes zones de recherche.

jeudi 20 mars 2014

#geneatheme M...comme métier, celui de garde-moulin

Le thème de ce mois-ci pour le #geneatheme est M comme métier, qui nous permet de mettre en avant un métier méconnu, oublié ou beaucoup pratiqué par nos ancêtres.

Je triche un peu, en vous invitant à (re)lire mon article du dernier #challengeAZ concernant le garde-moulin.

mardi 11 mars 2014

François Fils et ses femmes

François FILS fait partie d'une des branches collatérales de ma femme. Il naît le 08/03/1764 à Boigneville (Essonne), fils de Barthélémy FILS et de Denise GUDIN. Il exercera le métier de cultivateur.

Le 5 Ventôse an 3 (23/02/1795), il va se marier à Buno-Bonnevaux, commune voisine, avec Marie Anne BUTET, de 10 ans sa cadette. Elle est la fille de Louis François BUTET et de Marie Anne POIRIER.

Voici l'acte de mariage, un acte rien de plus classique.

Sources : Archives 91, Buno-Bonnevaux, cote 4E_0453

Ils auront deux enfants, dont un seul Amand François survivra et se mariera. Marie Anne BUTET décède cependant trop jeune, en 1802 à l'âge de 27 ans, quelques semaines avant sa fille, à peine âgée de 2 ans.

François FILS, tout à son chagrin, ne se remariera pas aussitôt, élevant son garçon très certainement seul, ses parents étant décédés déjà avant son mariage.

Enfin, en 1804, il franchit le pas et décide de se remarier. Le mariage apparaît toujours sur les registres de Buno-Bonnevaux, où il est installé. Le 10 Ventôse an 12 (01/03/1804), il épouse donc en secondes noces.....Marie Anne BUTET ! Celle-ci est fille de Jean BUTET et de Anne CHARPENTIER, et veuve de Jean Pierre PREVOST. Se seconde femme est donc la parfaite homonyme de sa première femme décédée.

Source : Archives 91, Buno-Bonnevaux, cote 4E_0454

Les deux Marie Anne BUTET ne sont en plus pas étrangères l'une à l'autre, étant cousine par leurs pères.

Source : mon arbre Geneanet

Pour la petite histoire, la seconde Marie Anne BUTET décédera quelques années après le mariage, en 1807 et François FILS se remariera en 1810 avec Marie Louise Lucas.

lundi 24 février 2014

Frères d'armes

Il est parfois des destins particuliers, quand des voisins, des amis peut-être se croisent, se retrouvent, sur le chemin de cette guerre qui va les voir tomber.

Alcide Désiré Auclerc est né le 14/04/1875 à Buno-Bonnevaux, petit village de l'Essonne dont j'ai déjà parlé maintes fois. Selon sa fiche matricule, il exerce la profession de maçon. Il est appelé sous les drapeaux le 16/11/1896 et y passera presque 3 ans, jusqu'à son envoi en disponibilité en septembre 1899. Malheureusement pour lui, la guerre va le rappeler à l'activité par suite de la mobilisation générale. Il intègre le 35ème Régiment Territorial d'Infanterie. Il passera ensuite au 405è RI le 04/09/1915.

Charles Lucien Pericat est né quant à lui le 13/03/1894, dans le même village de Buno-Bonnevaux. Même s'il réside à Tousson (proche commune de Seine-et-Marne) en 1914 selon sa fiche matricule, on peut aisément supposer qu'il connaît Alcide Auclerc. Dans ce village de 323 âmes en 1911, tout le monde se connaît. Alcide Auclerc a peut-être connu sur les bancs de l'école un des oncles de Charles Pericat, né dans les mêmes années que lui.

J'ai déjà évoqué les frères Pericat, tous trois décédés en quelques mois sur le front ici.

Charles Lucien est passé au 405è RI le 15/03/1915, où il sera donc rejoint le 04/09/1915 par Alcide Désiré. Peut-être se sont-ils croisés, peut-être ont-ils profité du défilé le 24 septembre à Izel-les-Hameaux devant le Colonel et devant le Général Toulorge pour parler de leur village qu'ils aimeraient tant retrouver. Ils peuvent se remémorer les rues du village, les bals du 14 juillet, la place de l'église où l'on aime à se retrouver entre amis pour discuter.

La suite sera forcément moins gaie, comme tous les combats auxquels ils ont déjà pris part. "Le 25 au matin, le Régiment est en tranchées, entre Mont-Saint-Eloi et le ferme de Bethonval, prêt à appuyer l'attaque soit sur Souchez, soit sur Vimy. A 13h30, les Bataillons s'ébranlent en colonnes doubles, les Compagnies en ligne de sections par quatre, sous le feu des 150 et 105 allemands. La nuit se passe en avant de la route de Béthune, à hauteur de Neuville-Saint-Vaast. Le 26, de la seconde ligne une partie du 2ème Bataillon appuie le mouvement du 407ème et perd quelques dizaines de tués ou blessés. Le lendemain 27 est calme. Enfin, à minuit, le Régiment tout entier va prendre position sur le terrain déjà conquis devant le bois de la Folie par les 5ème et 6ème Divisions. Le 405ème est mis à la disposition du Général commandant la 11ème Brigade. La 5ème Compagnie s'empare à le grenade de deux points importants , puis, à partir de 11h20, toutes les unités sont successivement engagées, prenant le tranché Nietzsche, le Boyau des Communs, les retournant, les organisant, non sans avoir perdu les deux tiers des Officiers (tués ou blessés) et un millier d'hommes. Le 405ème a beaucoup souffert certes, mais il a fait l'admiration de tous ceux qui ont eu la privilège de le voir à l’œuvre." (Historique du 405è RI)

Les deux compagnons sont décédés le même jour, le 28 septembre 1915, à Neuville-Saint-Vaast, lors d'une de ces offensives destinées à gagner un bois, une plaine, une butte, qui de toute manière sera très certainement perdu les jours suivants, quand ce n'était pas le jour même.

D'après sa fiche matricule, Charles Lucien Pericat est déclaré disparu, il fait parti de ces hommes dont le corps ne sera pas retrouvé, parce que les obus, les grenades ont creusé des trous où souvent sont enfouis les corps de soldats morts et que leurs camarades n'ont pas le temps d'ensevelir convenablement.

Source : Registres matricules archives 78

Alcide Désiré Auclerc aura plus de "chance". Son décès a été constaté le 12/11/1915 et son corps est inhumé au cimetière de la Motte (Pas-de-Calais), d'après son registre matricule. Mais son décès a bien été fixé au 28/09/1915 par jugement déclaratif de décès du Tribunal Civil d'Etampes.


Source : Registres matricules archives 78